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Between Life and Death

The beauty of unconsciousness

The Witch King

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April 14

Apocalyptica at the Atelier (05/03/2008)

Apocalyptica at the Atelier (05/03/2008)

Mercredi 5 mars 2008, alors que quelques jours plus tôt il n'y avait plus de place disponible sur le site internet de l'Atelier, voilà que là il en reste quelques-unes. Ni une ni deux, Anthoula et moi décidons d'en prendre deux, histoire de se bouger un peu le soir même! Je quitte donc le boulot plus tôt pour rentrer chez moi vite fait pour prendre quelques affaires. Ensuite, retour à Namur pour rejoindre Anthoula, puis direction Libramont pour passer chez Toune. Et enfin cap sur Luxembourg pour aller à la salle, l'Atelier, pour le concert d'Apocalyptica.

La vérité c'est qu'on allait pas là pour Apocalyptica, mais surtout pour la première partie assurée par les Anglais d'Oceansize. Sur la route menant à Luxembourg, je m'aperçois que j'ai oublié l'appareil photo chez Anthoula, alors pas de photo. Argh! Quel crétin!!! On arrive à l'Atelier, on fait la file jusque dehors mais l'attente n'est pas bien longue. Quand Anthoula demande nos places (qu'elle avait payé par internet), elle se rend compte que son nom est le dernier de la liste. Ouf, on a eu les dernières places!

Nous entrons donc. L'Atelier est divisé en deux parties: la première salle (la plus petite) est la partie "bar" et où on peut acheter des CDs et T-shirts des groupes, la seconde salle est la salle de concert à proprement parlé. Après avoir laissé nos manteaux au vestiaire nous allons vers la salle "concert", pour nous faufiler juste devant la scène. La scène est décorée avec des formes en bois de violons celles percées de trois trous pour évoquer des crânes...il m'a fallu une bonne partie de la soirée pour comprendre que c'était la forme de violons celles, les crânes j'avais capté (on voit vers quoi mon esprit est tourné!).

Oceansize arrive sur scène. Première impression sonore: ça fait beaucoup de bruit; trois guitares (plus un clavier pour l'un des guitaristes), une basse et une batterie. Les guitares sont sursaturées et la distorsion est...bien présente. Première impression visuelle: Oceansize n'est pas sympa; le chanteur regarde fixement devant lui et joue de manière robotique en faisant la tronche...du coup ils me sont d'autant plus sympathiques Tire la langue . Mais tout le monde n'est pas comme moi et le public les accueille très mal: quand le chanteur demande si le public va bien, personne ne répond...c'était limite gênant. Evidemment, le public d'Apocalyptica n'est pas vraiment le même: Apocalyptica s'écoute sans prise de tête, alors que la musique d'Oceansize est beaucoup plus torturée. Mais n'empêche, le public était vraiment nul!!! Je retiendrai des 45 minutes "Oceansize", au-delà du son trop fort, peu de chansons du dernier album seulement deux), "Frames" (le seul que je connais), mais une musique intéressante et qui me plaît bien (à moi!), notamment la dernière qu'ils ont joué assez romantique et triste.

Vient ensuite la pause entre les deux groupes, le temps d'aller acheter l'album "Frames" ainsi qu'un T-shirt "Oceansize"...et boire un verre aussi. Ensuite, place à Apocalyptica, personnellement je ne connaissais pas, quatre violons celles et une batterie pour faire du métal. Ma foi, pourquoi pas, voyons ce que ça peut donner. Le concert commence avec une reprise de "One" de Metallica. Ils feront d'ailleurs d'autres reprises de Metallica: "Master of Puppets" (qui donnait vachement bien) et "Enter Sandman". Le public est plus chaleureux (normal en même temps, ils sont venu pour eux), mais ça reste plutôt calme pour un concert de métal. Pas de bol: moi qui voulait me bouger...bon ok, ça m'a pas empêché de le faire, heureusement j'étais à côté de deux types qui avaient envie de bouger aussi. Musicalement, je dirais que c'était assez anecdotique: rien d'inoubliable, mais pour s'amuser une soirée, c'est assez efficace. Surtout que le groupe faisait pas mal le show. Mention spéciale à la forme de crâne qui s'est allumée sur l'un des violons celles à un moment du concert.

Le concert se termine, un dernier verre et retour vers Libramont (pour une partie de Wii avec des bières jusque 1h30 du mat'...y faut bosser demain?!?). Conclusion? Oceansize: bruyant et farouche, mais bonne musique; Apocalyptica: sympa et marrant, mais j'achèterais pas leurs disques.

December 23

Riverside

R I V E R S I D E

Piotr Kozieradzki (batterie), Piotr Grudziński (guitare), Michał Łapaj (clavier) et Mariusz Duda (basse et chant). Quatre noms polonais à retenir, et si c'est trop dur alors il faut au moins retenir Riverside. Riverside est un groupe de métal progressif fondé en 2001 par Mariusz et les deux Piotr à Varsovie. En 2003, ils parviennent à sortir un disque éponyme promotionnel, suivi un peu plus tard par leur premier album "Out of Myself". Tout juste un ans après, sortait "Second Life Syndrome", deuxième album du groupe. Enfin, la rentrée 2007 accueillait "Rapid Eye Movement", dernier album en date de Riverside.

Cette chronique arrive après que j'ai vu le groupe au Spirit of 66 (Verviers) pour la dernière date de la tournée de "Rapid Eye Movement". Je vais tenté de vous décrire les trois albums qui forment en fait la trilogie "Reality Dream", mais cela risque de n'être qu'un avis tant je suis tombé amoureux du groupe. De plus, ce ne sera que ma propre interprétation des morceaux que je peux vous livrer. Ensuite, je parlerai de deux autres disques du groupe: "Voices in my Head" (2005) regroupant quelques morceaux enregistrés en 2005 ainsi que des live, et "02 Panic Room" (2007) single du dernier album.

Out of Myself

Le premier volet de la trilogie nous introduit à un personnage introverti et solitaire. Jusqu'à ce qu'il rencontre quelqu'un qui  le fait changer (un peu), le pousse à s'ouvrir au monde. Mais cette tentative se solde par un échec et le personnage finit rapidement par se retrouver, une fois de plus, seul, face à lui-même. Cette situation est parfaitement retranscrite dans la musique, bien qu'il s'agisse de métal progressif, cet album est bien loin d'être agressif. Au contraire même. L'ensemble est sombre, profond et dévoile une sensibilité qui ne manque pas de faire naître un grand sentiment de tristesse. Maintenant, j'avoue être particulièrement sensible à la thématique de la trilogie "Reality Dream"...

L'album s'ouvre par "The Same River", long morceau de douze minutes dont les six-sept premières sont une intro instrumentale qui installe le climat trouble de l'album. Une fois que le morceau commence réellement, tout reste très espacé: quelques mots chanté avec une voix parfaitement contrôlée qui nous parle d'amour qui a, apparemment, mis du temps à se révéler. "Out of Myself", second morceau éponyme, est plus rageur. Il semble relater une dispute où le personnage demande de pouvoir garder une part de sa solitude et reproche à l'autre de l'avoir sorti de cette solitude. Le titre suivant, "I Believe", fait suite à la dispute de "Out of Myself": c'est le temps de la réconciliation et le personnage admet qu'il se sent bien avec l'autre. Le quatrième morceau est instrumental et se nomme "Reality Dream". Alors que "I Believe" était une balade, "Reality Dream" marque un retour à un rock plus électrique mais que je ne qualifierais pas de métal. "Loose Heart", cinquième chanson, et l'une de mes préférées sur l'album, laisse place à une musique plus puissante et un chant plus rageur (à nouveau) où le personnage demande à l'autre de ne pas le laisser tomber car il se sent repartir dans sa situation initiale. Le sixième titre est la deuxième partie de "Reality Dream" et est, comme la première, entièrement instrumentale. Il commence par une sonnerie de téléphone discrètement entourée par les instruments et installe une sensation de déprime. Pourtant, par la suite, la musique va se montrée plus rythmée et même un poil agressive. Après le petit éclat de "Reality Dream II", on repasse à une balade à la guitare acoustique. C'est l'heure de la séparation: le personnage arrive à la conclusion que l'autre ne le comprendra jamais vraiment et, bien qu'il ne veuille pas la (ou le) blesser, il préfère repartir seul. Vient ensuite "The Curtain Falls", LE titre qui m'a fait tomber amoureux du groupe...c'est le morceau que je peux le mieux décrire et en même temps j'ai le sentiment que ce n'est pas assez (j'ai découvert la chanson un samedi matin au boulot où j'étais, évidemment, seul; il faisait gris dehors et cette chanson a achevé de me ruiner le moral; cependant il s'en dégageait une émotion tellement forte que j'ai complètement craqué pour le groupe...). Le titre peut être divisé en trois parties. La première, après une superbe petite intro, a un style assez blues où la guitare lâche une grande quantité de petites notes aigues, le personnage semble implorer la mort, seule issue à sa douleur. A partir de la seconde partie, la chanson devient purement instrumentale, et dans cette seconde partie, le rythme se fait plus rapide et le son un brin plus dur. La troisième partie fait un retour progressif vers le calme avec de longues vagues de synthé qui laissent sans voix (MAGNIFIQUE). Enfin, l'album se clôture sur "OK", titre très lent où le personnage se résigne à attendre dans l'état où il est et peu importe le reste.

Second Life Syndrome

Nous retrouvons donc dans ce deuxième disque notre personnage torturé. Après avoir rompu avec le monde et être retombé dans l'obscurité de la solitude, il décide de reprendre le dessus, de se battre et d'être plus fort. A nouveau, cela se ressent dans la musique qui montre un côté plus métal que le premier album. Il ne s'agit plus ici de se laisser aller dans la déprime, on sent une réelle envie d'aller de l'avant. Les rythmes sont donc plus soutenus que sur "Out of Myself" et le son est, de manière globale, plus puissant.

Le titre d'ouverture de l'album s'appelle "After" (il est amusant de noter que l'album se termine par une chanson se nommant "Before"). Il ne s'agit pas vraiment d'une chanson puisqu'on entend presque exclusivement un chuchotement où le personnage explique qu'il ne peut plus supporter la solitude et que ce dont il a besoin,...ce sont peut-être des gens. "Volte-Face", second morceau, est celui de la révolte contre soi-même, celui où le personnage se convint lui-même qu'il a suffisamment perdu de temps à se torturer et qu'il n'a plus peur d'affronter le monde. La musique est clairement métal et Mariusz pousse quelques fois sa voix à saturation pour le plus bel effet, une chanson très libératrice. Après s'être bien énervé sur "Volte-Face", on repasse à quelque chose de plus doux: "Concieving You" est une ballade qui commence au piano où le personnage se pose des questions sur l'autre, notamment si il a le droit d'être avec quelqu'un. Vient ensuite l'imposant morceau éponyme, "Second Life Syndrome". Quinze minutes quarante décomposées en plusieurs parties où le groupe nous ballade d'émotions en émotions. Tantôt métal rythmé, tantôt partie synthétique intimiste, le personnage se sent prêt à vivre sa propre vie, remercie l'autre de lui avoir permis de s'accepter et admet qu'il restera certaines choses, certains souvenirs de son ancienne vie qu'il n'oubliera jamais. Arrive après cela "Artificial Smile", chanson musicalement assez simple, c'est l'un des morceaux les plus agressifs de Riverside, autant dans le son, que dans le texte. Il y a ici peu de place pour le synthé, la chanson est métal et la voix de Mariusz exprime sans détour la haine que voue le personnage à la personne dont il parle. Si "Volte-Face" permettait de se libérer, "Artificial Smile" permet sans peine de se défouler comme il faut! Evidemment, après ce coup de gueule, vient quelque chose de plus calme. "I Turned you Down", bien qu'étant à la guitare électrique (très beau travail au niveau du son d'ailleurs), est une chanson plus sensible où le personnage regrette d'avoir blessé l'autre comme il l'a fait. Après un "I Turned you Down" de toute beauté, vient le troisième volet de "Reality Dream" (personnellement, c'est mon préféré). Comme les deux précédents, c'est un morceau instrumental. Celui-ci propose un son lourd avec des riffs de guitare distordus de manière exceptionnelle donnant une puissance au titre incroyable. En fin de morceau, se place quelques notes de piano, d'abord graves et puis plus aigues, inquiétantes, rythmées et donnant un sentiment oppressant de névrose...sûrement le morceau que je préfère sur l'album. "Dance with the Shadow", avant dernier titre de l'album imposant encore plus de dix minutes de musique à l'atmosphère menaçante. Plus métal que "Second Life Syndrome", "Dance with the Shadow" laisse quand même leurs places aux denses nappes de synthé. Ici, le personnage commence à se rendre compte que le monde auquel il a réussit à s'ouvrir n'en valait peut-être pas la peine, les gens qui le peuplent étant tellement superficiels, et finalement inutiles. L'album se conclut avec "Before", chanson calme et posée (quoiqu'un peu plus métal sur la fin) où le personnage constate qu'il est devenu comme les autres: capables de vivre malgré ses faiblesses et ses peines. Cependant, la chanson se termine par ces magnifiques mots: "Is this What I Really Wanted?" ("Etait-ce Vraiment ce que Je Voulais?")...

Rapid Eye Movement

La dernière partie du concept "Reality Dream" est un album ambigu et schizophrène. Cela ce voit même sur la pochette du disque qui représente le personnage tenant un portrait de lui-même. L'album est divisé en deux parties: Fearless et Fearland, l'extérieur et l'intérieur. Fearless, partie orientée métal de l'album, symbolise le combat contre le monde extérieur et l'image que l'on doit donner de soi aux autres. Fearland, à l'inverse, est intimiste et calme, il symbolise le retour à la solitude.

"Rapid Eye Movement" s'ouvre en beauté avec "Beyond the Eyelids", le personnage admet qu'il se ment à lui-même depuis qu'il arrive à faire comme tout le monde et qu'il a besoin de se souvenir de qui il est vraiment. La chanson dure huit minutes d'un bon métal où on sent un Mariusz Duda en grande forme. Cela se poursuit sur "Rainbow Box", toujours métal, mais avec une pointe d'audace dans les sons électros ainsi que dans la mélodie qui mettent l'accent sur l'ironie du morceau où le personnage vente les effets des médicaments qui lui permettent justement de faire comme tout le monde. Vient ensuite le single de l'album, "02 Panic Room". J'ai lu dans une interview que cette chanson faisait un peu penser à Depeche Mode, et il est vrai qu'en écoutant on s'approche un peu de "Walking in my Shoes" en plus...métal. La basse est très présente dans ce titre pour imprimer la mélodie dans le cerveau de l'auditeur. Dans cette chanson, le personnage décrit son sommeil agité où il lutte contre la part de ténèbre qu'il y a en lui. "02 Panic Room" est suivi d'un morceau sans titre et sans plage propre qui dure à peine deux minutes. Le personnage raconte qu'il passe trop de temps à faire en sorte que les autres ne sachent pas ce qu'il est vraiment. La chanson est un mélange de guitare électrique calme et de piano. Ce thème se poursuit sur "Schizophrenic Prayer" où le personnage explique que c'est pour éviter le rejet que nous adoptons une image devant autrui. Le morceau rompt avec le reste de l'album, les instruments se font discrets et émettent des sons étranges, le tout pour mettre en valeur les jeux de souffle et les chuchotements un peu à la manière de "After" sur "Second Life Syndrome". Arrive ensuite "Parasomnia" pour l'apothéose de Fearless. Dernier morceau de l'album où les gros sons du métal se font entendre. Le personnage se réveille et ne se souvient plus de qui il est ou de ce qu'il a fait. La seule chose qu'il sache, c'est qu'il a des problèmes et que la douleur de sa crise d'identité le fait souffrir plus que jamais. Fearland commence en douceur avec une ballade à la guitare acoustique nommée "Through the Other Side". Revenu à la solitude, le personnage n'a plus peur de ses peurs et accepte ce qu'il est. Ce ton continue sur "Embryonic" en plus intimiste encore. Le personnage veut un endroit rien qu'à lui. On revient ensuite à quelque chose de plus rock, sans pour autant être agressif, avec "Cybernetic Pillow". On en revient également à la relation avec l'autre et le fait qu'il ne s'agit peut-être que d'un rêve. Dernier (long) morceau: "Ultimate Trip". Le morceau nous ballade, à l'instar de la chanson "Second Life Syndrome", dans différentes atmosphère. Tantôt rythmée et forte, tantôt plus calme et douce. Le personnage pose un regard lucide sur lui-même et sur l'autre, sachant d'où vient leur relation et sachant où elle va. La chanson termine la boucle en nous ramenant à la situation de départ comme si nous étions invité à écouter à nouveau "Out of Myself" et repartir dans un nouveau cycle, le morceau se termine d'ailleurs comme "The Same River" avait commencé: une radio qui cherche la bonne fréquence...

Voices in my Head

Disque de moins de quarante minutes comportant huit morceaux: cinq chansons studio et trois live dont je ne parlerai pas puisque je les ai déjà décrits plus haut ("I Believe", "Loose Heart" et "Out of Myself").

Le disque commence avec "Us", petite ballade acoustique un peu tristounette, se poursuit avec "Acronym Love", superbe chanson relatant la fin d'une histoire amoureuse. L'intro de la chanson est au piano, puis arrive les autres instruments dont une guitare électrique qui joue dans les aigus à faire pleurer les plus insensibles. Vient ensuite une chanson au titre étrange: "Dna ts. Rednum or F. Raf". Les deux premières minutes sont aussi étranges que le titre qui prend le temps de s'installer, mais les cinq minutes suivantes sont excellentes: la basse est entêtante et le rythme de la chanson se laisse facilement dompter. Retour à quelque chose de plus calme: "The Time I Was Daydreaming", superbe ballade où Mariusz nous prouve à quel point il sait magnifiquement chanter. On reste dans les jolies mélodies un brin mélancoliques avec "Stuck Between" où, de nouveau, le chant de Mariusz est à tomber par terre tant on peut sentir la sensibilité dans sa voix. Viennent ensuite les trois live, mais je m'arrête là!

02 Panic Room

La sortie de "Rapid Eye Movement" était accompagnée de l'excellent single "02 Panic Room". Sur le disque on retrouve, bien évidemment, la chanson éponyme (manquerait plus que ça, me direz-vous) mais aussi une version remixée et deux autres morceaux instrumentaux.

Je ne vais donc pas faire un copier-coller de la description de "02 Panic Room" et passer directement à "Lucid Dream IV" que je présume être la suite de "Reality Dream III". Il faut savoir que Mariusz était obsédé par le chiffre 3 pour sa trilogie, c'est pour cela, à mon humble avis, qu'il n'a pas voulu nommer ce morceau "Reality Dream IV". Quoiqu'il en soit, le morceau commence de manière assez...joyeuse (?), mais finit par s'assombrir dans un métal plus lourd fort proche des sons que l'on avait pu entendre dans "Reality Dream III" avec, peut-être, une plus forte présence des sons électros. Vient ensuite "Back to the River", titre également instrumental, mais beaucoup plus calme. Le rythme y est lent et le travail sur l'atmosphère que dégage le morceau est énorme. Enfin, le disque se termine sur la remix de "02 Panic Room". Elle ne diffère pas énormément de la version originale, la basse est moins présente, les sons électros plus, et on entend la voix de Mariusz en boucle à certains moments. Personnellement, je doit avouer que cette version remixée me plaît beaucoup, peut-être même plus que la version originale qui était moins audacieuse.

Riverside at the Spirit of 66 (16/12/2007)

22 minutes de train pour aller de Huy à Liège-Guillemins, puis 55 minutes d'attente là-bas à observer les gens (qu'est-ce qui  faut pas voir quand on prend la peine de regarder un peu autour de soi...enfin...) et enfin 20 nouvelles minutes de train pour aller de Liège à Verviers. Anthoula passe me prendre en voiture pour aller jusqu'à la place où se trouve le Spirit. On est en avance, donc on va boire un verre, ensuite on va manger. Maintenant, on est en retard, heureusement le groupe aussi. Nous entrons donc au Spirit, bondé. La première fois que Riverside y était passé, ils avaient joué devant une soixantaine de personnes, maintenant on est plus de 300 et on a pas beaucoup de place pour se déplacer. Il y a ici des hollandais, des allemands et peut-être même d'autres peuplades de pays reculés...tels des belges!

Enfin, après vingt minutes d'attente, le groupe arrive sur scène et joue les deux premiers morceaux du dernier album. Mariusz nous rappelle qu'il s'agit de la dernière date de la tournée alors qu'ils vont faire un putain de bon concert, et nous n'allons pas nous en plaindre. Et je dois dire que je suis plutôt satisfait (bel euphémisme...), entre nous faire chanter sur "Concieving You" et "02 Panic Room", et "Volte-Face" où Mariusz nous rappelle qu'il sait gueuler quand il le faut, il n'y a effectivement pas de quoi se plaindre.

Le groupe a fait deux rappels, dont le second pour nous interpréter "The Curtain Falls". Bien que le début de la chanson était moins bien que la version studio (normal: la version studio atteint la perfection), la fin était de toute beauté. Dans un calme presque déprimant, chaque membre du groupe s'est retiré l'un à la suite de l'autre. D'abord Mariusz, puis Piotr (guitare), puis Piotr (Batterie) et enfin Michał. Laissant la musique mourir progressivement, devenant orpheline d'un instrument à chaque fois...magnifique!

Après le concert, ce fut l'occasion d'échanger deux mots avec Mariusz qui nous a appris que début 2008, il travaillerait sur son album solo et que l'orientation du quatrième album de Riverside était encore inconnue, mais qu'il y aurait du changement par rapport à la trilogie "Reality Dream". Nous en avons aussi profité pour faire signer nos CD par les membres du groupe. Bon OK, ça fait un peu groupie mais bon, d'autres le faisaient, donc on a pu le faire sans trop se faire remarquer (je sais c'est pas une excuse!). J'ai aussi fait une photo avec Mariusz et les deux Piotr, honte à moi, mais si je ne l'avais pas fait je l'aurais regretté (NA!). Cinq CD et un T-shirt plus tard, c'est le constat d'une excellente soirée que je serais prêt à revivre plus d'une fois.

Conclusion

Un groupe pas comme les autres. D'un côté on a une musique aux multiples facettes: lourde, sombre, lente, rapide, rageuse, douce, triste,...mais qui impose toujours une ambiance à laquelle on échappe pas, et à laquelle on a pas envie d'échapper. De l'autre côté on a des textes et des thèmes toujours aussi profonds. Pas de doute là dessus, Riverside sait parler au coeur. Et même dans la douleur on ne peut qu'aimer.

"Reality Dream" n'est pas fait pour ceux qui ne se remettent pas en question. Mais si vous êtes du genre à ne pas tout accepter sans chercher à connaître la vérité, Riverside vous emmènera dans un voyage dont vous ne sortirez pas indemne. "Reality Dream" pose des questions sur qui nous sommes, qui nous essayons d'être et sur notre place parmi les autres. "Reality Dream" ne propose pas une réponse toute faite, mais nous raconte une histoire, nous prend la main pour faire le point. A chacun de voir...pour moi c'est tout vu, je suis maintenant accro à ce groupe!

December 15

La citée interdite

La citée interdite

Avec 45 millions de dollars comme budget, "La citée interdite", ou "Man cheng jin dai huang jin jia" en version originale, est le film le plus cher du cinéma chinois. Le film prend place dans une époque de la Chine, mais ne relate pas des événements ayant eu lieu et ne raconte pas l'histoire de personnages ayant existé. Il s'agit d'un drame familial agrémenté de scènes d'action. Les rôles principaux sont tenus par les plus grandes stars du cinéma chinois contemporain: Gong Li et Chow Yun-Fat.

L'histoire

"La citée interdite" prend donc place au dixième siècle, époque prospère de la Chine. Depuis dix ans, l'impératrice, seconde épouse de l'empereur, est malade. L'empereur a mis au point un remède qu'il fait prendre à sa femme depuis tout ce temps. Cependant, les relations du couple sont glaciales et l'impératrice charge une espionne de découvrir quel est le nouvel ingrédient que son mari a fait ajouter à son remède. Alors qu'elle part du palais, l'espionne se fait attraper. Mais l'empereur semble la connaître, les cicatrices qu'elle porte au visage cache, en effet, un lourd secret. L'empereur décide donc de la laisser partir.

Ayant appris de l'espionne que le nouvel ingrédient était une plante rendant la personne qui la consomme servile, l'impératrice décide de monter un complot contre l'empereur afin que celui-ci abdique et cède le trône à son second fils, le Prince Jai. Jai est en fait le premier enfant du couple; le Prince héritier Wan, unique fils de l'empereur et de sa première femme, refuse le trône. De plus, celui-ci entretient une liaison amoureuse secrète avec l'impératrice, ainsi qu'avec la fille du médecin de l'empereur.

Au fil de l'histoire, les secrets vont s'accumuler, pour se révéler tous dans un final aussi tragique que violent. Comme l'a dit un vieil ermite chinois: "Or et jade à l'extérieur, pourriture et décadence à l'intérieur" (d'un autre côté, on s'en fiche de ça, l'ermite).

Le film

La plus grande partie du film se passe dans le palais impérial, pour montrer l'opulence dans laquelle vivait le couple, les décors sont incroyablement colorés. Des couleurs vives jaune, rouge, verte et bleue, particulièrement intenses en haute définition, ornent l'entièreté du palais. On se trouve réellement à la limite du kitch à ce niveau. Mais au-delà de ces couleurs, se trouvent également tous les motifs sur les murs que seule la HD permet de voir sans aliasing. Le reste du film se déroule en extérieur, dans la cour de la maison du médecin de l'empereur.

L'histoire propose une bonne dose d'action au travers de nombreux combats spectaculaires. Certaines batailles ont d'ailleurs lieu entre plusieurs milliers de soldats, ce qui donne une dimension épique au film.

Conclusion

Un film à voir! Pas particulièrement joyeux, ce film n'en reste pas moins une incroyable histoire racontée avec force. Le réalisateur, Zhang Yimou, réussit à accumuler les secrets sans rendre l'histoire incompréhensible, pour tout dévoiler dans un final grandiose interprété par de superbes acteurs.

December 08

Impitoyable

Impitoyable

"Unforgiven" est le seizième film que Clint Eastwood réalise et le quarante-huitième dans lequel il joue. Tourné en automne 1991 et sorti en salles en 1992, "Impitoyable" est considéré comme l'un des grands classiques du cinéma américain. Il fut récompensé par quatre Oscars en 1992: Meilleur Film, Meilleur Réalisateur pour Clint Eastwood, Meilleur Acteur dans un second rôle pour Gene Hackman et Meilleur Montage pour Joel Cox. Le scénario du film existait déjà depuis longtemps mais il appartenait à Francis Ford Coppola. Deux jours après que ses droits ne s'arrêtent, Clint Eastwood, qui connaissait ce scénario, racheta les droits. Il attendit quelques années, puis s'entoura de son équipe de tournage habituelle ainsi que de grosses pointures du cinéma que sont Gene Hackman et Morgan Freeman pour tourner un projet qui lui tenait à coeur depuis plusieurs années. Non content d'être le réalisateur et l'acteur principal du film, Clint Eastwood remplit aussi les fonctions de producteur et de compositeur de la musique du film. A la fin du générique, on peut lire la dédicace à Sergio Leone et à Don Siegel, deux réalisateurs qui ont donné sa chance à Clint Eastwood, le premier en Europe, le second à son retour aux Etats-Unis.

L'histoire

1880, Big Whiskey, petite ville du Kansas, une prostituée est défigurée par un cow-boy ayant assez peu apprécié que la demoiselle se moque de la taille de son sexe. Little Bill (Gene Hackman), shérif impitoyable de la ville, condamne le cow-boy et son partenaire à donner plusieurs chevaux au proxénète en remboursement de ce qu'il a infligé à la fille. Indignées par la faible sentence à laquelle ils ont droit, les collègues de la fille décident de réunir tout l'argent qu'elles ont pu économiser pour l'offrir en récompense à qui descendra les deux salopards.

La nouvelle ne tarde pas à se répandre un peu partout, très loin et tout près. En effet, Little Bill a vent des projets des filles et, loin de faire l'autruche et fuir ses responsabilités, il refuse que le chaos s'installe dans sa ville. Pour cela, il se sert du cas d'English Bob, tueur venu du Texas qui connaît bien Little Bill. Little Bill met English Bob dans un tel état que plus personne ne se présente pour la récompense.

Pendant ce temps, un jeune tueur, le Kid de Schofield, prend aussi connaissance de la récompense. Ayant des problèmes de vue, il décide de s'associer à quelqu'un. Son oncle lui ayant vanté les exploits de William Munny (Clint Eastwood), tueur au sang-froid à la retraite depuis qu'il a rencontré sa femme, le Kid lui demande son aide. William, qui mène maintenant une vie de fermier avec ses deux jeunes enfants depuis la mort de sa femme, voit là une occasion de se faire en une fois beaucoup d'argent pour recommencer sa vie avec ses enfants. William réussit à convaincre le Kid de prendre dans l'équipe Ned Logan (Morgan Freeman), son ancien co-équipier.

Une fois arrivé à Big Whiskey, les trois tueurs doivent faire face à leur mission. Ned et William se rendent compte qu'ils ont vieilli et que sans alcool dans les veines, il est plus dur d'agir comme on a pu le faire bien des années avant. Mais ils ne seront pas les seuls à se torturer l'esprit, le Kid apprendra lui aussi que tuer n'est pas une chose facile à assumer.

Le HD-DVD

En ce qui concerne l'image, il n'y a pas grand chose à dire (film regardé avec le lecteur HD-DVD de la XBOX 360 sur un écran plasma Pioneer PDP 436 RXE). Ce n'est pas ce qu'on a vu de mieux, mais l'image reste de très bonne qualité. Les grands espaces de l'ouest Américain sont à l'honneur grâce à la haute définition. Lors d'un passage à cheval dans une rivière, on peut voir jusqu'à la plus petite éclaboussure et voir tous les insectes voler dans les airs. Pour le son, idem, très bonne qualité sans être exceptionnelle. Niveau bonus, quatre gros documentaires (dont un de plus d'une heure) sur Clint Eastwood et sur le film, un épisode d'une vieille série dans laquelle Clint a fait ses débuts, et une bande annonce.

Conclusion

Ce n'est donc pas un western où le héros est sans peur et sans reproche à flinguer tout ce qui passe. On a ici des personnages profonds, terriblement bien interprétés, qui sont rongés par les démons de leur passé. Le final du film est d'une grande violence qui donne à réfléchir sur les conséquences des actes que nous posons et sur l'impossibilité de fuir ses remords. C'est donc, bien évidemment, un film à voir en HD-DVD qui vous fera pleinement profiter de la beauté des décors par rapport à une version DVD.

December 05

Beavis and Butt-Head

Beavis and Butt-Head

C'est le 8 mars 1993, qu'apparaissent pour la première fois Beavis et Butt-Head sur MTV. Ils avaient déjà été les protagonistes d'un épisode pilote en 1992 appelé "Frog Baseball". Dans cet épisode, on découvrait deux adolescents paumés et déjantés qui jouent au baseball avec une grenouille en guise de balle. Le ton était donné, la série allait être politiquement incorrecte. Tout ce qu'il fallait à MTV pour séduire la cynique "génération 90's". Beavis et Butt-Head, et leur créateur Mike Judge, sont ainsi engagés pour tourner huit saisons. Judge pensant qu'il pourrait rompre son contrat quand bon lui semblerait, signe sans trop hésiter. Apprenant par après qu'il est en fait solidement lié à MTV, il négocie le tournage du long-métrage "Beavis and Butt-Head se font l'Amérique" en échange d'une saison en moins. Ce sont donc sept saisons, comptant un total de 199 épisodes, qui existent aujourd'hui. Ces saisons s'étalent de 1993 à 1997, le dernier épisode, "Beavis and Butt-Head Are Dead", ayant été diffusé le 28 novembre 1997.

Beavis et Butt-Head habitent la ville fictive de Highland aux Etats-Unis. Tous les jours, ils vont à l'école ou au supermarché du coin ou encore au Burger World où ils travaillent. Bien que les situations dans lesquelles ils se mettent soient à peu près toujours banales (tuer une mouche, changer l'huile d'une friteuse,...), Beavis et Butt-Head, par leur stupidité, arrivent toujours à les rendre hilarantes. Et c'est là la grande force de la série. Bien que le dessin soit simpliste au possible, les couleurs sans le moindre intérêt et l'animation à deux balles, la série est parvenue a devenir culte. Et ce n'est pas volé, la vision que propose ce dessin animé est le parfait reflet du mal-être de toute une génération. Beavis et Butt-Head n'ont aucune instruction (ils savent à peine lire), ils ne pensent jamais aux conséquences de leurs actes, si c'est marrant alors c'est suffisant pour agir, ils trouvent la violence gratuite cool (d'un autre côté moi aussi), et, bien évidemment, ils ne pensent qu'au sexe (euh...d'un autre côté moi aussi). Ils comprennent tout ce que tout le monde dit de manière à y mettre un sens détourné.

Bien sûr, Beavis et Butt-Head ne sont pas seuls dans leur petit monde. On trouve ainsi dans les personnages secondaires Anderson, leur voisin (ancien militaire qui confie à Beavis et Butt-Head des boulots qu'il ferait mieux de ne pas leur donner), Van Driessen, leur prof principal (espèce de hippie qui croit que Beavis et Butt-Head peuvent devenir d'honnêtes citoyens), Stewart (petit gros chez qui Beavis et Butt-Head vont toujours foutre le bordel), Todd (malfrat du coin envers qui Beavis et Butt-Head voue une admiration sans borne, malgré que celui-ci les tabasse tout le temps), et encore quelques autres reprenant parfaitement les clichés de notre société.

La série est maintenant disponible sous forme de trois coffrets DVD. Les deux premiers contiennent 40 épisodes et le dernier en contient 42. On a donc pas l'intégrale de la série. De plus, le format même des épisodes a été revu. Alors qu'avant chaque épisode était interrompu par des passages où Beavis et Butt-Head étaient dans leur canapé à commenter des clips vidéo, maintenant, ces passages sont en bonus sur les DVD. Les épisodes sont donc fortement raccourcis, ils ne dépassent généralement pas les six ou sept minutes. En ce qui concerne les autres bonus, il y a un documentaire sur la série divisé en trois parties, chacune se trouvant dans l'un des coffrets. On retrouve aussi quelques apparitions spéciales de Beavis et Butt-Head dans des émissions de MTV (Thanksgiving, Noël,...).

Bien qu'incomplète et reformatée, cette série en DVD vaut le coup d'être vue ou revue. Il suffit d'être capable de se moquer de tout et n'importe quoi et d'apprécier l'humour un brin cynique.

December 04

Training Day

Training Day

Pour ceux se souviennent du clip de la chanson "Gangsta's Paradise" de Coolio, et bien son réalisateur, Antoine Fuqua, signe avec Training Day son troisième long-métrage. Avec en tête d'affiche un excellent Denzel Washington en flic ripoux jusqu'à l'os (qu'il aura bien fait d'incarner, puisque ça lui vaudra l'Oscar du Meilleur Acteur en 2002) et Ethan Hawke en jeune inspecteur naïf. Pour les rôles secondaires, on ne s'ennuie pas, les plus grandes stars du rap américain: Snoop Doggy Dogg, Dr. Dre et Macy Gray. Et pour les figurants, Antoine Fuqua, ayant été un enfant de la rue, est allé directement chercher à la source puisqu'il s'agit des habitants des ghettos de Los Angeles.

L'histoire

Jake Hoyt, jeune flic ambitieux récemment devenu papa, se voit offrir la chance de travailler pour Alonzo Harris, inspecteur des stups décoré de nombreuses fois. Cependant, avant de pouvoir entrer dans son équipe, Jake va devoir faire ses preuves sur le terrain aux côtés d'Alonzo pendant une journée, tel un mémorant lors des derniers mois de ses études. Jake, grand idéaliste voulant sauver le monde dans les règles de l'art, va rapidement apprendre au contact d'Alonzo que pour rendre justice dans les rues de L.A., il faut savoir transgresser les règles.

Mais plus les heures vont passer, plus Jake va se demander jusqu'à quel point les règles peuvent être transgressées, et pour quelle justice? Est-ce que ses ambitions personnelles justifient tous les sacrifices?

Durant cette journée en enfer, Jake apprendra à connaître son partenaire. Alors qu'il lui vouait une grande admiration au départ due à sa notoriété, il découvrira que, bien qu'il ait été un bon flic quelques années auparavant, il a franchit la frontière entre un bon flic qui s'adapte à son milieu et un flic ripoux qui profite de sa position.

Le HD-DVD

Sorti sur les écrans fin 2001 et en HD-DVD en 2006, Training Day devait être de bonne qualité sur ce support (film regardé avec le lecteur HD-DVD de la XBOX 360 sur un écran plasma Pioneer PDP 436 RXE). Et c'est effectivement le cas. Pas grand chose à dire donc, si ce n'est pour vanter les qualités de la haute définition: image très nette grâce à sa définition (même si parfois on notera un peu de flou lors des passages d'un plan focal à l'autre, mais ceci est dû à la réalisation et non au support) et couleurs réalistes. Au niveau du son, rien d'exceptionnel mais ça reste de qualité. Enfin pour les bonus, quelques scènes supplémentaires, une fin alternative (qui en a surtout le nom car on ne note aucun changement par rapport à la version finale du film), l'habituel (mais qui fait plaisir) making of, deux clips musicaux et une bande annonce.

Conclusion

Excellente histoire s'étalant sur une journée où l'on suit un Denzel Washington qui, pour une fois, n'est pas le merveilleux héros que tout le monde admire. Et ce rôle lui va très bien, l'Oscar du Meilleur Acteur le prouve. La réalisation est sans concession: le film est tourné comme un documentaire. Aucun jugement n'est porté sur les ghettos, c'est au spectateur de se faire sa propre idée. La qualité du HD-DVD est irréprochable. Un film intense à voir, donc, en HD-DVD.

December 03

Muryoh

Muryoh

...ou "Shingu: Secret of the Stellar Wars" ou mieux encore "学園戦記ムリョウ". Il s'agit d'un manga animé de 26 épisodes (25 minutes par épisode) produit par les studios Madhouse auxquels on doit déjà X, Chobits et bien d'autres. La série a été diffusée au Japon entre mai et décembre 2001, et est arrivée chez nous sous la forme d'un coffret cinq DVD en 2003. Le coffret est on ne peut plus simple: pas de bonus et les épisodes sont en version originale sous-titrée français. Mais c'est ce qu'il faut pour regarder un manga.

L'histoire de Muryoh se passe en 2070 dans la petite ville de Tenmô (Japon). Et les choses n'ont pas beaucoup changé dans le mode de vie des gens par rapport à notre époque: les voitures ont toujours quatre roues pour se déplacer, on utilise toujours des post-it pour se souvenir de ce que l'on a à faire,... Si ce n'est que maintenant on sait que les extraterrestres existent, mais c'est un fait nouveau et on ne sait pas exactement ce qu'ils veulent, ni même à quoi ils ressemblent...Sauf la population de Tenmô, qui est un peu particulière. En effet, les extraterrestres connaissent Tenmô depuis longtemps. Et pour cause, c'est là que l'Alliance Galactique (alliance de plusieurs planètes) a caché une arme d'une puissance inouïe et chargé la population locale d'y veiller. Cette arme c'est Shingu, espèce d'immense robot dont les habitants de Tenmô sont donc les gardiens. Afin de protéger Shingu, un adolescent, à chaque génération, a le pouvoir d'en prendre le contrôle, tandis que trois autres ont la capacité de l'envoyer dans l'espace, les autres habitants ayant la charge de protéger ces quatre là. Alors que l'Alliance Galactique s'interroge pour savoir si la Terre a suffisamment évolué pour y adhérer, des ennemis lancent des attaques afin d'obtenir Shingu.

Cette intrigue, nous la voyons à travers les yeux de Hajimé Murata, adolescent vivant à Tenmô depuis quatre ans et ne connaissant rien des secrets de la petite ville. Jusqu'au jour où il surprend les autres se servir de leurs pouvoirs. Les anciens de Tenmô ayant vu quelque chose de spécial en lui, lui laissent découvrir la vérité. En même temps, Hajimé devient ami avec les quatre "protecteurs" de Shingu. Nous suivons donc l'histoire de quelques amis embarqués dans des affaires d'extraterrestres dont l'enjeu est le sort de la galaxie.

Niveau dessin et animation, c'est très propre et très agréable. Les couleurs sont vives et les dessins sont clairs. Les musiques ne sont pas incroyablement belles, mais ça va. Même si il est parfois un peu confus, le scénario se tient, l'histoire est intéressante et donne envie d'avancer dans la série. Le design des personnages est sympathique. Mais le problème des personnages est ailleurs. Ils sont tous très (trop!!!) gentils. Dans le monde de Muryoh, tout le monde semble bien pensant et bien intentionné. Et à la fin c'est un peu énervant de voir tout ce petit monde parfait où chacun est toujours heureux. Un côté plus obscur aurait pu être développé dans l'histoire pour la rendre plus réaliste, plus profonde et même plus attachante.

Muryoh n'est pas une série exceptionnelle de part le manque de charisme de ses personnages, mais ça reste facile à regarder. Rien d'inoubliable donc, mais assez divertissant.

November 30

300

300

Tiré du comic de Frank Miller (qui est également à l'origine du comic dont est tiré Sin City), qui lui-même est tiré d'une histoire relatée par Hérodote, 300 conte les exploits du roi de Sparte, Leonidas I, et de ses hommes les plus braves. On est pourtant loin d'un récit historique pur et dur. Le film s'inspire des faits de l'histoire mais s'autorise une large part de liberté pour narrer les événements. Autrement dit: tout ce que l'on voit dans le film ne s'est peut-être pas passé tel quel.

L'histoire

Nous voilà donc plongés dans la Grèce antique, 480 années avant la naissance du Christ. A cette époque, la Grèce est composée de plusieurs citée-états, dont Sparte. Sparte doit sa célébrité à son armée. Dés la naissance, les enfants sont sélectionnés. Si ils ne sont pas de bonne constitution, ils sont tués. A l'âge de sept ans, ils sont enlevés à leur mère pour être entraînés à devenir de parfaits guerriers complètement dévoués à leur citée. Le roi Leonidas I fait partie de ces hommes: un guerrier sans pitié pour ses adversaires. Alors quand des messagers du roi de Perse, Xerxès, lui ordonnent de se soumettre à celui-ci, notre bon Leonidas n'hésite pas à leur botter les fesses (et à les tuer, accessoirement).

Décidé à assouvir sa soif de conquête, Xerxès se met en marche vers la Grèce avec toute son immense armée. Conscient de l'arrivée imminente de Xerxès sur ses terres, Leonidas décide d'entrer en guerre avec les Perses, mais le conseil des anciens lui refuse l'autorisation dont il a besoin. Voulant à tout prix protéger l'indépendance de sa citée, Leonidas décide alors de partir, contre l'avis du conseil, avec ses trois cents meilleurs hommes, pour combattre l'armée Perse. Afin de réduire l'avantage du nombre, Leonidas attend les Perses aux Thermopyles. Les Thermopyles sont une source d'eau chaude au bord d'une falaise donnant sur la mer. Pas plus large que quelques hommes, Leonidas espère que cet endroit fera valoir les capacités hors du commun au combat de ses hommes et découragera l'armée Perse.

C'est cette lutte désespérée, mais ô combien courageuse, qui unit la Grèce et la poussa à se battre contre les Perses un an plus tard et à repousser leur tentative de conquête.

Le film

Comme il suit de près la bande dessinée dont il est tiré, 300 a eu droit à un gros travail sur son aspect visuel...mais pas toujours pour le meilleur. Mais commençons par les bons points. Les couleurs sombres ont, selon Zack Snyder (réalisateur du film), été écrasées afin de les rendre plus éclatantes. Et c'est plutôt réussi. Les tons jaunes et noirs sont très présents, permettant à la luminosité de créer une réelle atmosphère durant tout le film. Ensuite, les décors: l'entièreté du film a été tournée sur fond bleu, et des décors en images de synthèse fort convaincants ont été ajoutés après. Niveau casting, pas de superstars à l'affiche (personnellement je ne connaissais que David Wenham que j'avais vu en Faramir dans le Seigneur des Anneaux et en Carl dans Van Helsing), pas d'émouvantes interprétations (le film ne s'y prêtant pas vraiment), mais un jeu tout à fait honorable de la part des acteurs. Pour les personnages, le film (et en fait le comic) n'a pas fait dans le réalisme, privilégiant l'imaginaire pour renforcer leur caractère. Il y a, par exemple, dans l'histoire, un traître chez les Spartiates, celui-ci est, dans le film, représenté sous les traits d'un affreux bossu si difforme que l'on croirait qu'il s'est mangé un porte-manteau à la naissance. De même certains ennemis sont montrés comme étant plus des monstres que des êtres humains. Enfin, au niveau de l'action, c'est très musclé. Quelques scènes de combat à l'épée tournées au ralenti avec une musique de fond bien pêchue réveillent un certain instinct guerrier.

La réalisation du point de vue visuel est donc très bonne et assez audacieuse. Trop d'ailleurs. En plus de tout ce qui a déjà été cité plus haut, pour le côté artistique, un aspect granuleux a été ajouté au film. Et le réalisateur n'y a pas été de main morte. A une époque où les technologies permettent d'avoir une qualité d'image ahurissante, ça fait vraiment mal de voir l'image ainsi gâchée par cet ajout inutile. Sur les presque deux heures du film, ce côté soi-disant artistique nous fait perdre une quantité énorme de détails qui, à la longue, finit par ennuyer le spectateur à tel point que son attention sera plus focalisée par le grain de l'image que par l'image elle-même. Un très gros point noir pour ce film.

Le HD-DVD

Et bien tout est dit malheureusement (film regardé avec le lecteur HD-DVD de la XBOX 360 sur un écran plasma Pioneer PDP 436 RXE). Les couleurs sont splendides de par leur éclat, mais la définition de l'image dont est capable la HD est ici complètement masquée par le grain apporté artificiellement. C'est d'autant plus dommage qu'il s'agit d'un film de 2007 qui aurait pu montrer la qualité de la HD à l'heure actuelle. Au niveau du son, c'est très bon, voire même légèrement supérieur à la plupart des films. Le 5.1 est bien exploité et rend bien l'ambiance de la bataille. Quant au bonus, on a enfin droit à un making of en haute définition (dont l'image s'avère être plus belle que celle du film) et en 16/9. Il y a aussi quelques documentaires sur Sparte, une série de mini-documentaires qui étaient diffusés sur internet, des scènes supplémentaires et, bien évidemment la bande annonce du film. Des bonus bien fournis, donc.

Conclusion

300 n'est pas un grand film, on y voit pas de grands acteurs au sommet de leur art et le scénario n'est pas d'une profondeur philosophique jamais atteinte. Mais c'est en tout cas un excellent divertissement. Le film bénéficie d'une action intense, rythmée et spectaculaire. L'aspect visuel aurait pu être une grande réussite si tous les efforts esthétiques n'avaient pas été anéantis par une volonté d'en faire toujours plus (trop!!!). L'histoire est belle et bien mise en scène. C'est donc un film à voir pour s'amuser (pas pour remplacer son cours d'histoire), mais le support HD n'est pas nécessaire pour profiter pleinement du film.

November 27

Halo 3

Halo 3

Réservé par 1,5 millions d'américains avant sa sortie, Halo 3 était annoncé par Microsoft et par les fans comme LE jeu de la XBOX 360. Près de trois ans après la sortie de Halo 2, cet épisode était celui qui allait clore la trilogie et ainsi terminer l'histoire commencée en mars 2002. Fort d'un succès critique et commercial sur les deux premiers épisodes, Microsoft avait misé gros sur la campagne publicitaire de Halo 3, suscitant une attente rarement vue pour un jeu vidéo, et mettant par la même occasion une énorme pression sur les épaules de Bungie (développeurs du jeu). Vendu à 3,3 millions d'exemplaires la première semaine de sa mise en vente, Halo 3 est déjà une grosse réussite commerciale, mais est-ce le jeu ultime que certains attendaient? Voici un avis.

L'histoire

An 2552, l'humanité a conquis plusieurs planètes. Sur l'une d'elles s'est développé un programme (le projet SPARTAN II) visant à créer des super soldats. Super soldats nés pour combattre les Covenants. Les Covenants sont un ensemble de races extraterrestres unies par une religion commune qui a pour but d'emmener les fidèles dans le Grand Voyage. Les Covenants ayant jugé l'humanité indigne d'exister, ils entament une guerre sainte contre celle-ci avant d'entreprendre le Grand Voyage. Le Grand Voyage est en fait la destruction de la galaxie par une arme gigantesque composée d'anneaux (les Halos) éparpillés un peu partout dans la galaxie. Vous incarnez le dernier survivant du projet SPARTAN II, le Major, et avez pour mission de sauver l'humanité ainsi que toute la galaxie de la destruction...rien de moins.

Le premier épisode de la saga débute dans le Pillar of Autumn, vaisseau spatial poursuivi par les Covenants. Alors que le Pillar of Autumn fuit pour éloigner les Covenants de la Terre afin qu'ils ne découvrent pas sa position, celui-ci s'écrase sur un Halo. L'humanité découvre alors l'existence des Halos. Les Halos ont été créés par les Forerunners, ancienne civilisation disparue, afin d'éradiquer en dernier recours le Parasite, forme de vie intelligente prenant le contrôle des êtres vivants qu'il affecte. Lors de leur combat contre le Major sur Halo, les Covenants réveillent le Parasite. La mission du Major s'alourdit donc encore un peu: en plus de combattre les Covenants et de les empêcher de déclencher les Halos, il faudra combattre le Parasite et l'éliminer. Ce premier épisode se termine par la destruction du premier Halo et donc par une première victoire des humains sur les Covenants.

Halo 2 commence avec une cérémonie de récompense en l'honneur du Major sur une station spatial en orbite autour de la Terre. Parallèlement à cette scène, chez les Covenants, le chef militaire qui était en charge de l'élimination du Major se voit destitué et contraint de devenir l'Arbiter, guerrier partant seul en mission suicide pour retrouver son honneur. Lors de la cérémonie de récompense, la Terre est attaquée par les Covenants. Après un passage sur Terre et sur un second Halo, le Major se retrouve sur Grande Bonté, vaisseau mère des Covenants, où une guerre civile fait rage. En effet, l'Arbiter a découvert ce qu'était réellement le Grand Voyage et a poussé sa race, les Elites (meilleure classe militaire des Covenants), à se détacher des Covenants et à lutter contre ceux-ci aux côtés des humains. Le deuxième épisode se termine alors que le système Halo a été armé et est en stand-by, que Cortana (intelligence artificielle du Pillar of Autumn que le Major transportait avec lui depuis la destruction du vaisseau) est coincée sur Grande Bonté avec le Fossoyeur (conscience unique du Parasite) et que le Major est en route pour la Terre à bord d'un vaisseau covenant.

Halo 3 a donc la lourde tâche de clore une histoire déjà riche en événements, qui a fasciné (à juste titre) plus d'un joueur. En résumé, il faut empêcher les Covenants d'activer les Halos, éliminer les Covenants (qui sont désormais sur Terre à la recherche d'un artefact qui leur permettra de déclencher les Halos) et éliminer le Parasite (qui se dirige vers la Terre à bord de Grande Bonté). Niveau mise en scène, pas grand chose à dire, c'est bien fait et on retrouve avec plaisir l'univers de Halo et son ambiance si particulière. Quelques alliances inattendues et plusieurs événements viendront agrémenter la fin du scénario de cette saga. Mais soyons francs, le jeu n'est pas très long (il est possible de le finir en moins de dix heures) et les rebondissements auxquels les deux premiers épisodes nous avaient habitué sont absents de celui-ci. Loin de vouloir cracher dans la soupe (et pourtant je déteste la soupe), il faut reconnaître qu'Halo 3 est doté d'une bonne histoire, mais compte tenu des deux premiers épisodes et des promesses de Microsoft et de Bungie, on ne peut s'empêcher de rester un peu sur sa faim (sûrement parce que c'était de la soupe) tant les événements sont prévisibles.

Les graphismes

En février 2007, Bungie avait mis une démo du mode multi-joueurs en ligne permettant à certaines personnes de s'essayer au jeu. Même si il ne s'agissait pas de la campagne solo, et que le jeu devait encore évoluer, les critiques restaient assez mitigées. Les uns se plaignant que le jeu n'était pas ce qui se faisait de mieux, les autres le défendant en disant que le mode solo serait graphiquement plus beau. Et effectivement, sept mois plus tard, alors que la planète découvrait enfin ce fameux mode solo, on pouvait constater qu'il était bien plus beau que ne l'était la démo. Sauf que Microsoft et Bungie avaient rendu les joueurs en attente du jeu LE plus beau. Et là c'est un peu raté. Bien que fort différents de par les univers qu'ils proposent, et sans vouloir entrer dans la polémique, Halo 3 allait être inévitablement comparé aux références graphiques actuelles que sont Gears of War et BioShock. Et le constat est là, bien qu'Halo 3 ait certains avantages sur ces deux jeux, ceux-ci restent globalement plus beau. Cela ne veut évidemment pas dire qu'Halo 3 est laid. Bien loin de là (et heureusement). Les textures sont fines, la modélisation est réussie, les effets d'eau sont tout simplement magnifiques, les aires de jeu sont immenses (contrairement à Gears of War et BioShock) et, bien qu'assez conventionnels, les lieux visités sont très jolis. On commence dans une jungle, puis on va dans un désert, une autoroute en ruine, Grande Bonté infestée par le Fossoyeur (les textures organiques y sont particulièrement réussies), une plage et divers vaisseaux et stations covenants. Le champ de vision est immense mais c'est un peu gâché par un aliasing incroyablement présent. Les graphismes sont donc de haut niveau, mais ils ne deviendront pas la nouvelle référence.

Le gameplay

Que du classique pour le bien du jeu. On est dans un FPS (jeu de tir à la première personne), on a donc une arme à la main avec laquelle on tire grâce à la gâchette droite de la manette, parfois on en a deux et là les deux gâchettes sont mise à contribution. Niveau armes, on va du petit pistolet au gros lance roquettes en passant par le fusil d'assaut. Il y a aussi des grenades, des tourelles et des boucliers que l'on peut déployer, parfois utiles mais moins souvent utilisés. Il est bien évidemment possible d'utiliser les armes des covenants qu'on a éliminé. Niveau véhicules, on retrouve les bons vieux Warthog (Hummer de 2552) et Scorpions (char), ainsi que des petits nouveaux: la Mangouste (quad pour deux personnes) et le Hornet (espèce de petit hélicoptère). Là aussi on peut utiliser le matos covenants, on retrouve donc dans les véhicules extraterrestres, les Ghosts, Apparitions et autres Banshees. Gameplay simple mais efficace, et on ne lui en demande pas plus.

Le mode multi-joueurs

Alors qu'Halo 2 est toujours le jeu le plus joué en multi-joueurs sur la première XBOX, les développeurs se devaient de faire un mode multi-joueurs d'exception pour leur nouveau bébé. Et c'est plutôt réussi. D'un côté, on a la possibilité de faire la campagne solo jusqu'à quatre joueurs (plus vraiment solo), un incarnant le Major, un autre incarnant l'Arbiter et les deux autres deux Elites, et d'un autre côté, on a l'occasion de s'affronter les uns les autres jusqu'à seize. Dans ce dernier mode, les paramètres de parties sont extrêmement nombreux, rendant les parties intéressantes pour tous joueurs.

Le jeu

A défaut d'être LE jeu ultime que l'on nous avait promis, Halo 3 est un bon jeu qui clôture de manière prévisible et conventionnelle l'une des meilleures sagas du jeu vidéo. Mais ce n'est peut-être pas assez quand on s'appelle Halo. Et là, il y a toute une discussion (du genre de celles dont on ne sort jamais) qui est possible. Alors pour faire bref, ceux qui n'ont pas connu les deux premiers épisodes pourront se passer du jeu car ce n'est ni le plus beau, ni le plus original. Par contre pour ceux qui ont connu Halo 1  et 2, c'est l'occasion de connaître le dénouement de l'histoire. Toutefois ne vous attendez pas à une révélation divine, Halo 3 n'est rien de plus qu'un jeu, certes bon, mais pas exceptionnel comme on a tant voulu nous le faire croire.

November 24

39 Laps

39 Laps

Si on regarde dans le dictionnaire à "Monkey3", voilà ce que l'on trouve: "Monkey3: déf.: quatre petits suisses (désolé) qui jouent aux trois singes (vraiment désolé)". Monkey3 est donc un groupe suisse formé en 2000. A l'époque, ils étaient trois. En 2003, ils sortent un premier album éponyme à 1000 exemplaires, qui est réédité en plus grand nombre en 2004. Et c'est en décembre 2006 que Monkey3, désormais à quatre, sort "39 Laps".

Alors de quoi s'agit-il? Eh bien...c'est du rock...purement instrumental. Il faut bien reconnaître que c'est une musique assez difficile à décrire. A mi-chemin entre le stoner rock (rock psychédélique, hypnotique et répétitif) et le post-rock (musique utilisant les instruments rock pour installer des ambiances particulières), Monkey3 propose une musique puissante et envoûtante. Les cinq premiers morceaux de l'album proposent tous plusieurs montées en puissances: on commence gentiment avec une mélodie à la guitare électrique ou à la bass avec différents types d'effets, puis on installe le tempo avec une batterie qui en impose, et enfin on se hisse vers un point culminant où tous les instruments se mélangent. La guitare est passée à un metal puissant plein de distorsions et le clavier amène ses sons synthétiques afin de renforcer cette puissance. A ce moment là, on est comme dans une autre dimension, porté par la vague Monkey3: immense et dévastatrice. Ensuite, on atterrit tout doucement pour repartir dans un nouveau cycle. Chaque morceau du disque propose ainsi plusieurs cycles (les morceaux les plus courts font un peu plus de six minutes!!!) sans jamais lasser l'auditeur qui découvrira de nouvelles subtilités à chaque écoute. Seul le sixième, et dernier, morceau suis un chemin légèrement différent. Il s'agit d'une reprise de "Once Upon a Time in the West" d'Ennio Morricone, thème principal du film portant le même nom et réalisé par Sergio Leone. Ici, il n'y a qu'un seul cycle. Et quel cycle: neuf minutes. D'abord on entend le vent, ensuite quelques accords de guitare solitaires, puis un son menaçant qui monte. Trois minutes sont passées pour installer l'ambiance et maintenant la guitare électrique s'exprime pleinement sur le thème du film, les autres instruments n'étant là que pour la mettre en valeur.

"39 Laps" est donc un bon album. Musique qu'on a pas toujours l'occasion d'écouter (ni même de connaître), Monkey3 impose une ambiance puissante et accrocheuse qui aurait pu se retrouver comme musique de film (sans même inclure à cette réflexion "Once Upon a Time in the West"). Si vous aimez avoir une musique de fond pour bosser, ou simplement vous asseoir et vous laisser transporter dans un autre univers, jetez un oeil à Monkey3, vous pourriez bien être surpris...

November 22

The Eclectic Measure

The Eclectic Measure

Autre groupe de Leuven, Hypnos 69 s'est formé en 1994. Il aura pourtant fallu attendre huit années avant de voir apparaître leur premier album "Timeline Traveller" en 2002. Les Belges enchaîneront ensuite deux autres albums les deux années suivantes: "Promise of a New Moon" en 2003 et "The Intrigue of Perception" en 2004. La fin de l'année 2006 a vu la sortie de leur quatrième album, "The Eclectic Measure" dont il est question ici. Cette période a également été marquée par la séparation du groupe, qui jouait pourtant au Buzzfest le 3 novembre 2007. Alors est-ce qu'il s'agit d'une re-formation le temps de quelques concerts ou d'une vraie re-formation? La question reste sans réponse. Pourtant, on ne peut s'empêcher d'espérer qu'il s'agit d'une vraie re-formation, car autant le dire dés le départ, cet "The Eclectic Measure" est une toute grande réussite.

L'album parvient à mélanger différents genres de musique, appuyé par une grande diversité d'instruments. A côté de l'incontournable trio guitare-bass-batterie, on retrouve un clavier, un saxophone, un mellotron et d'autres instruments exotiques. Le tout soutenu par un chant à la voix seventies qui force de temps en temps. La guitare électrique est souvent dans les aigus pour imprimer les mélodies, mais une guitare acoustique se fait aussi parfois entendre. La bass est très présente, le son ne "claque" pas renforçant le côté chaud de la musique. Les 49 minutes de l'album nous baladent dans une alternance de moments calmes, puis nerveux et enfin mélancoliques avec des mélodies toujours de toute beauté. 

L'album s'ouvre avec "I and You and Me", intro qui est en fait la première (petite) partie d'une autre chanson se trouvant plus loin sur le disque. Vient ensuite "The Eclectic Measure", chanson portant le même titre que l'album. Elle commence très haut en terme d'énergie, rompant brutalement avec "I and You and Me", puis offre après deux minutes une partie instrumentale plus lente, pour enfin se terminer comme elle avait commencé: fort. Le troisième morceau s'intitule "Forgotten Souls", il s'agit d'une ballade romantique...et un peu mélancolique. On a droit ensuite à un intermède de deux minutes sans parole nommé "My Ambiguity of Reality". Très joli morceau lyrique avec une forte présence de la clarinette et un fond de guitare acoustique. Il aurait pu être approfondi pour donner une vraie chanson tellement la mélodie est superbe. Remontée en force sur la chanson suivante, "The Antagonist", le rythme est élevé, la voix est arrogante et le saxophone se fait bien entendre en milieu de chanson. C'est clairement la chanson de l'album qui fout la pêche. Après la nervosité de "The Antagonist", on revient à quelque chose de plus doux: "Halfway to the Stars". Nouvelle ballade romantique, mais cette fois beaucoup plus radieuse que "Forgotten Souls". Vient ensuite la seconde (longue) partie de "I and You and Me", ballade qui commence lentement, puis alterne entre passages nerveux et électriques et moments doux. Après une ballade, normal que l'on repasse à quelque chose de plus nerveux: "Ominous (but fooled before)". Chanson qui a plus d'un point commun avec "The Antagonist": rythme élevé, saxophone très présent, voix provocante,...Le neuvième morceau est le plus long de l'album. "The Point of no Return" commence avec une magnifique mélodie jouée dans les aigus de la guitare électrique qui semble pleurer et alterne, une fois de plus, entre passages rapides et passages lents. Enfin, l'album se termine en apothéose avec un dixième morceau aussi triste que beau. Le rythme est lent, la voix est douce mais chargée d'émotions. "Deus Ex Machina" ne laisse pas indifférent.

"The Eclectic Measure" est donc un album chaudement recommandé. A la fois diversifié et accessible, tout le monde y trouvera son compte. La musique y est intelligente, l'expérimentation y a sa place et les mélodies sont tout simplement magnifiques. 

November 20

Cabron

Cabron

Cabron, groupe belge de Leuven, s'est formé en 2003. Après trois années de concerts un peu partout en Belgique, le groupe a sorti son premier album (nommé lui aussi Cabron) en décembre 2006. Le résultat est un disque homogène, composé de neuf morceaux  bien rythmés. Tous donnent envie de remuer la tête car Cabron ne nous laisse pas un moment de répit tant chaque morceau est aussi énergique que les autres. L'album est très facile d'accès et plaira à quiconque aime un peu le rock. Car c'est de cela qu'il s'agit, et de rien d'autre: deux guitares électriques qui font du bruit, une bass survoltée, une batterie qui donne le tempo et un chant qui crie quand il faut (quoique moins qu'en concert).  Et c'est peut-être là le seul reproche que l'on peut faire à Cabron: il n'y a pas de place ici pour l'expérimentation, la musique n'a rien d'originale. Mais (car il y a un "mais") ça reste terriblement efficace et très agréable à écouter. Seul le dernier morceau ("Parascending") parvient à se forger une identité propre. Il s'agit d'une longue montée en puissance instrumentale de près de dix minutes. Les autres morceaux suivent à peu près tous le même canevas en étant parfois un peu plus sombre ("Effective Beast", "Backlash").

Ce premier album, simple et efficace, est donc une réussite qui plaira à beaucoup. 47 minutes pour se défouler en attendant le prochain disque qui offrira, espérons-le, son lot de nouveautés.

November 17

Buzzfest 2007

Buzzfest 2007

Samedi 3 octobre 2007, parti de Huy en train jusque Libramont, bercé par le dernier album de Riverside sous la lumière décroissante d'un jour d'automne (que c'est beau), de quoi déprimer un peu avant d'arriver aux concerts. Concerts donnés au centre culturel de Rossignol, patelin perdu au fin fond de la Belgique. Dés notre arrivée là-bas (à Anthoula et à moi), on se repère tout de suite grâce aux inévitables clichés du métal: une bande de types barbus au cheveux longs et gras, une chope à la main. On entre dans ledit centre et on paye (...enfin surtout Anthoula). 10 euros pour six groupes, c'est pas cher. Bon d'accord c'est pas Metallica qu'on va voir non plus, mais ça reste un prix sympa.

Comme on était un peu en avance, on patiente en regardant les CDs et T-shirts en vente. Puis commence à se faire entendre un son venu de la salle. Ni une, ni deux, nous entrons dans la salle pour découvrir...devinez quoi? que le premier concert vient de débuter. Il s'agit de Solenoid, groupe belge de thrash metal. C'est parti pour une demi-heure de rock bien gras qui, il faut bien le reconnaître, n'était pas très passionnant. Leur musique fait beaucoup de bruit mais ne fait pas naître beaucoup d'émotions (et même pas du tout d'ailleurs). Bon OK, juste comme ça, ça se laisse écouter. Après tout, on est là pour passer un  bon moment.

Après une pause jusqu'à 19h (le premier groupe avait commencé à 18h), le second groupe arrive pour jouer également trente minutes. Cette fois ce sont des américains de Boston que l'on écoute. Meilleur (selon moi) que le premier groupe, celui-ci s'appelle Cortez. Ca reste du métal de base, mais c'est puissant et sans concession et c'est déjà pas si mal. Le chanteur gueule bien, il a beaucoup d'énergie, se remue sur scène et ça fait plaisir à voir (mention spécial à son superbe tatouage le long de sa colonne vertébral). La musique est (un peu) plus sombre que celle de Solenoid et je crois que c'est ce qui rend Cortez plus accrocheur.

La demi-heure Cortez est passée (la seconde pause aussi), il est 20h et c'est au tour de la demi-heure Cabron. Cabron est un groupe belge venu de Leuven et franchement, là, on passe à de la musique vraiment intéressante. Impossible de ne pas faire la comparaison avec Queens of the Stone Age, autant dans l'attitude que dans la musique. Et pas n'importe quelle partie de Queens of the Stone Age: la meilleure (le dernier album ayant été une déception). Le chanteur a une attitude un peu "je m'en foutiste" et le bassiste arbore un superbe chapeau, c'est des marrants qui aiment l'ironie et ils le font savoir (au milieu du concert le chanteur nous remercie d'être venus si nombreux...on était 25 à tout casser dans la salle pour les premiers concerts, et à la fin les organisateurs ont fait plus ou moins 60 entrées payantes...et il leur en fallait 100 pour entrer dans leurs frais...espérons qu'ils aient vendu beaucoup de chopes). Niveau musique, c'est énergique, le chanteur bouge bien et pousse pas mal sa voix. On a droit pendant le concert à une longue partie larsen très intéressante. Vraiment un bon groupe de pur rock alternatif.

Après la traditionnelle pause, on passe à Hypnos 69, autre groupe belge venu lui aussi de Leuven. Genre totalement différent des autres groupes. La musique d'Hypnos est beaucoup plus variée et fait beaucoup plus dans la finesse. Pour la première fois de la soirée, on a droit à un groupe où il y a un clavier (qui jouait aussi du saxophone!!!) et ça change de ce qu'on a entendu jusque là. La voix du chanteur fait assez années '70, le saxophone ne se fait pas assez entendre à mon goût, mais la guitare nous offre quelques solo aux influences blues qui valent le coup. Le style est tantôt mélancolique, tantôt plus énergique avec de longs passages instrumentaux hypnotiques. Hypnos 69 avait droit à 3/4 d'heure de concert et c'est passé plus vite que certaines demi-heures... Vraiment un bon groupe capable de mélanger les styles et en faire naître des émotions.

A partir de la quatrième pause (et jusqu'à la fin des concerts) une petite blonde s'est faite remarquée à hurler "WOOHOO!!!" toutes les trente secondes même quand rien ne se passait. La petite avait sans doute besoin de se faire remonter, et l'histoire ne dit pas si un gentil musicien s'est chargé de lui rendre ce service après les concerts. Par contre les deux pochtrons de Rossignol s'étaient bien calmés. L'un d'eux avait bousculé Anthoula un peu plus tôt dans la soirée alors qu'il y avait 10m de chaque côté d'elle pour passer, mais bon étant donné le physique du bonhomme, c'était sûrement sa seule technique de rencontre. Mais là, tout les deux étaient assis à un endroit de la salle à essayer de récupérer tant bien que mal de leur bad trip. Pendant ce temps là, Monkey3 montait son matériel dont trois projecteurs, deux donnant sur des écrans et un donnant sur la batterie. Ces trois projecteurs ont diffusé des images qui donnaient une ambiance particulière aux 45 minutes de leur concert. Monkey3 est un groupe suisse qui ne joue que de l'instrumental et c'était en grande partie pour les voir qu'Anthoula avait voulu venir. Pour une fois j'avais changé de côté dans la salle, ce qui fait que j'étais près d'un énorme baffle, et pas de chance c'était le groupe qui jouait le plus fort, trop fort d'ailleurs. Leur musique était très bonne, il s'agissait de longues montées en puissance, mais le son étant trop fort on entendait mal les variations, notamment du clavier. Mais bon, on se laissait quand même facilement porter par l'énergie de leur musique, hypnotisé par les images qui défilaient sur les écrans. Un groupe intéressant à la musique complexe qui mériterait d'être ré-entendue à moindre volume.

Dernière pause, dernier concert. Il s'agit d'américains se faisant appeler Brant Bjork and the Bros. Eux ont droit à 1h de concert. Cette fois il n'y a plus de clavier et sincèrement leur musique est horriblement plate. Aucune audace dans la voix, le chanteur se contente de balancer ses chansons sans la moindre passion. Point de vue musique, le constat est le même: il ne se passe rien, ce n'est pas original (contrairement à Hypnos 69 et Monkey3 qui étaient passés juste avant) et ça ne donne même pas envie de bouger (si ce n'est de la salle...). Alors d'un commun accord, Anthoula et moi sommes sortis pour aller acheter ce qui nous intéressait (j'aime beaucoup le T-shirt Hypnos 69 qu'Anthoula s'est offert) avant de partir du centre culturel vers 1h du matin.

Au final, nous avons passé une bonne soirée pour pas cher. Ca été l'occasion de découvrir de nouveaux groupes pas connus mais pourtant très bons. Personnellement, je retiendrai les excellentes prestations d'Hypnos 69, de Monkey3 et de Cabron.

November 14

BioShock

BioShock

Annoncé au tout début 2006, BioShock est sorti sur XBOX 360 fin août 2007. Ayant joui d'une forte notoriété durant son développement, BioShock était attendu comme l'un des gros hits de la console de Microsoft par beaucoup de joueurs. En cause, l'Unreal Engine 3 (moteur graphique) au moins aussi bien exploité que dans Gears of War, un scénario original et un gameplay varié mélangeant les genres. Le tout présenté à travers de nombreuses images, vidéos et trailers à en faire baver les plus sceptiques.

L'histoire

La première scène du jeu commence dans un avion, qui ne met pas longtemps à se crasher en plein milieu de l'océan Atlantique. Heureusement, le personnage que l'on incarne survi. Seul survivant (apparemment) du crash, vous nagez jusqu'à un rocher où se trouve un bâtiment. A l'intérieur de celui-ci une étrange machine, appelée batisphère, vous conduit vers...une citée sous-marine.

Nous sommes en 1960 et le jeu prend place dans une ville engloutie, première originalité du jeu. Après la seconde guerre mondiale, un certain Andrew Ryan voulu fonder une citée où le marché serait totalement libre. Afin d'échapper aux lois des différents pays, ce génie auto-proclamé décida de fonder sa ville au fond de l'eau. Rapture était née. Née pour accueillir une élite qui ne serait plus bridée par les règles de la surface. A Rapture, les scientifiques peuvent jouer avec le génome humain afin de donner à l'homme de nouveaux pouvoirs. Et les industries peuvent commercialiser ces pouvoirs sous forme d'injection de plasmides. Il est donc tout à fait normal, à Rapture, de rencontrer une personne capable d'allumer un feu ou d'utiliser la télékinésie simplement en claquant des doigts.

Sauf qu'à force de s'adonner aux joies de l'injection de plasmides, on finit par perdre les pédales. Ainsi tout Rapture va basculer dans la folie menant la ville au chaos et à sa perte. Et c'est à ce moment là que vous arrivez. Via une radio prise dans la batisphère, un homme, nommé Atlas, va vous guider dans Rapture afin de vous faire remonter à la surface, de sauver sa famille et dans la foulée de tuer Andrew Ryan.

Le jeu aurait pu se contenter de cela, car c'était déjà pas mal original de découvrir une citée sous-marine peuplée de psychopathes aux pouvoirs surnaturels. Mais c'était sans compter sur le talent et l'imagination débordante des développeurs de 2K Boston-Australia (ex-Irrational Games). En effet, dans la seconde moitié du jeu, le personnage que vous incarnez fera des découvertes sur lui-même qui font du scénario de BioShock l'un des meilleurs du jeu vidéo actuel. Et le final n'est pas en manque lui non plus, prenant le joueur à revers.

Les graphismes

Du point de vue graphique, c'est comme annoncé: très beau. Les textures sont tout à fait crédibles grâce à l'Unreal Engine 3. Les décors fourmillent de détails. Les effets de fumées sont très réalistes. Les effets de lumières sont honorables même si on a déjà vu mieux dans ce genre de jeux très sombres, notamment l'adaptation à l'obscurité vue dans "The Darkness". Les personnages ont des traits faciaux exagérés pour renforcer l'impression de folie qui règne à Rapture. Les textures de leurs vêtements sont moins détaillées, mais dans le feu de l'action, on a pas vraiment le temps de s'y attarder.

Enfin, les lieux que l'on visite bénéficient d'un design tout bonnement génial. Et c'était là un des gros arguments du jeu lors de sa campagne de promotion. On évolue dans une ville au style "art déco" après qu'une tempête soit passée. Au début du jeu, les endroits visités ne sont pas encore complètement ravagés. On passe même par des lieux où il y a de la verdure. Mais en progressant dans l'histoire, on s'enfonce dans les endroits les plus glauques et les plus touchés de Rapture, ce qui est parfaitement rendu à l'écran.

Le Gameplay

Niveau gameplay, on commence le jeu avec les armes classiques comme dans tout FPS (jeu de tir à la première personne) qui se respecte. On cassera donc nos premiers chrosomes (doux nom des psychopathes qui hantent Rapture) avec une clef anglaise. Mais on ne tardera pas à devoir se faire une injection de plasmides, permettant, en l'occurence, de produire des arcs électriques. Ces deux types d'action constituent les bases du gameplay de BioShock. D'un côté les armes classiques, de la clef anglaise au lance-flammes en passant par la traditionnelle mitrailleuse, chacune actionnée grâce à la gâchette droite de la manette. Au cours du jeu, chaque arme pourra être améliorée: par exemple pour augmenter les dégâts qu'elle inflige ou la capacité du chargeur. De l'autre côté, les pouvoirs d'attaque actionnés par la gâchette gauche de la manette. Ceux-ci peuvent être des boules de feu, des vagues de froid (qui gèlent les ennemis que vous pouvez ensuite briser avec la clef anglaise...jouissif!!!) ou même des centaines d'abeilles qui vous sortent du bras pour aller attaquer vos ennemis.

Il existe donc de nombreuses manières d'éliminer les menaces. Et cela est bien utile car, en plus des chrosomes qui appartiennent à différentes classes ayant leurs propres tactiques d'attaque, il y a les protecteurs. Alors qui sont les protecteurs? Pour vous procurer des plasmides et donc de nouveaux pouvoirs, il faut de l'ADAM. Seules des petites filles (appelées petites soeurs, aussi cinglées que le reste de la population de Rapture) sont capables de le produire. Pour obtenir un peu d'ADAM, vous pouvez sauver les petites soeurs, mais pour en récupérer beaucoup il faut les tuer. Mais dans les deux cas vous devrez d'abord affronter un protecteur, espèce de gros scaphandrier plus résistant et plus fort que vos autres adversaires. Cependant, tant que vous ne faites rien aux petites soeurs, les protecteurs ne vous attaqueront pas.

En plus de servir à l'attaque, certains pouvoirs peuvent avoir d'autres utilisations. Par exemple, les boules de feu peuvent servir à faire fondre la glace qui obstrue un passage, les arcs électriques peuvent servir à ouvrir une porte en panne, ...

Après les pouvoirs d'attaque, il y a aussi des pouvoirs secondaires qui améliorent les aptitudes. Car dans BioShock, on ne fait pas que de casser du méchant pas beau, on peut aussi en faire des alliés. Ainsi, les caméras de sécurité et les robots de surveillance pourront être piratés en résolvant un petit puzzle en un temps limité. Ce puzzle pourra être rendu plus facile en fonction des plasmides détenus.

Pour la santé et l'utilisation des pouvoirs, BioShock fait, pour une fois, dans le classique. En effet, une jauge est attribuée à la santé et aux pouvoirs, chacune pouvant être remplie grâce à des trousses de soin et des injections, respectivement.

Le jeu

Au final BioShock tient ses promesses: le jeu est beau, prenant et fun. Jouissant d'une forte ambiance, de beaucoup d'originalité et d'une action intense, ce jeu nous plonge (c'est le cas de le dire) dans une sombre aventure d'une grosse dizaine d'heures qui vaut le coup d'être jouée.

November 07

Voyage au bout de l'enfer

Voyage au bout de l'enfer

...étrange traduction de "The deer hunter" titre original, et bien plus subtil, du film. Mais bon, passons ce détail pour nous intéresser au film. Et quel film, tourné en 1978 et sorti en 1979, il s'agit là de l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du cinéma relatant la guerre du Vietnam. Au niveau casting: Robert De Niro, Christopher Walken et Meryl Streep (excusez du peu) pour ne citer qu'eux. Niveau récompenses, c'est encore du costaud: 5 Oscars en 1979 (Meilleur réalisateur pour Michael Cimino, Meilleur montage, Meilleur film, Meilleur son et Meilleur acteur dans un second rôle pour Christopher Walken) et un Golden Globe (Meilleur réalisateur pour Michael Cimino). Tout cela est mérité quand on voit l'implication des acteurs pour le film. Robert De Niro a parcouru les Etats-Unis pendant cinq semaines avec Michael Cimino pour le repérage et le développement des idées. Christopher Walken s'est nourri pendant plusieurs jours uniquement de bananes et de riz pour avoir l'air amaigri dans une scène du film. Meryl Streep a elle-même rédigé les répliques de son personnage pour lui donner de l'importance. Enfin, John Cazale a tourné le film alors qu'il était atteint d'un cancer des os, il mourru avant même d'avoir vu la version finale du film.

L'histoire

La première partie du film se passe en Pennsylvanie et nous présente une bande d'amis immigrés Russes. Toute cette partie tourne autour du mariage de deux d'entre eux et nous montre à quel point le groupe est soudé. Le lendemain du mariage, cinq des hommes partent chasser le daim, dernière occasion pour eux de se retrouver ensemble car après deux d'entre eux, Michael (Robert De Niro) et Nicky (Christopher Walken), ainsi que le marié, Steevy (John Savage), partiront au Vietnam.

Là-bas, les trois amis se retrouveront prisonniers du même camp vietcong où ils seront torturés dans la scène culte et discutée de la roulette russe. Mais tous les trois réussiront à s'échapper de cet enfer.

Alors que Michael et Steevy parviennent à regagner, séparément, les Etats-Unis, Nicky restera, lui, là-bas. Cette troisième partie du film montre différents points de vue sur l'après Vietnam. D'abord à travers Michael, qui s'en sort sûrement le mieux, mais qui ne peut reprendre le cours de son ancienne vie comme si de rien était. Ensuite à travers Steevy, rescapé infirme de la guerre dont l'épouse sombre dans la folie. Et enfin à travers Nicky, resté au Vietnam, malgré la fin de la guerre, pour continuer à vivre l'horreur et la folie régnant là-bas.

Le HD-DVD

Distribué par Studio Canal, il faut bien reconnaître que cette édition en haute définition est de relativement bonne qualité (film regardé avec le lecteur HD-DVD de la XBOX360 sur un écran plasma Pioneer PDP436-RXE) par rapport à d'autres "vieux" films portés sur ce support. L'image est encore parfois grannuleuse, notamment les plans où l'on voit un large ciel bleu lors de la chasse aux daims. Mais la quantité de détails et la finesse des textures sont impressionnantes, et ça, ça fait plaisir aux yeux. Le son est par contre nettement moins bon. Déjà qu'en français seule une piste en mono est disponible. En plus, lors de certaines scènes, les dialogues sont difficilement audibles. Enfin, gros bémol pour les bonus, bien que je ne sois pas à la recherche de dizaines d'heures de bonus inutiles, un petit documentaire ou une petite interview sont toujours les bienvenus. Ici, que dalle, nada, rien du tout...dommage.

En conclusion, ce film, sur ce support en particulier, est à voir d'urgence. Il s'agit là d'un drame magnifique et intense auquel la haute définition fait honneur (en tout cas pour l'image).